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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

À propos du théâtre (idées de mars-avril 2013)

Quand je vais au théâtre, je veux vivre quelque chose de magique.

Un théâtre noir, musical, où la lumière ne montre que l'essentiel... avec poésie.

Je veux assister à un miracle. Je veux voir un théâtre spectaculaire, éblouissant, un théâtre Superbe.

J'avoue que je suis souvent très dure en critique et pour de mauvaises raisons, c'est que je reproche aux spectacles de n'être pas le théâtre de mes fantasmes. De ne pas me laisser bouche bée... Et pour cause ce théâtre n'existe pas encore puisque je ne l'ai pas fait. Je n'ai à ce jour monté qu'une pièce se rapprochant de mes fantasmes (Les sœurs d'Oedipe) et je ne l'ai pas bien vu du fait que j'étais en régie. Mais il faut dès à présent se rendre à l'évidence. Je ne verrai jamais la pièce de mes rêves puisque je ne la connaîtrais que trop bien pour l'avoir préparé, mais je peux l'offrir à une minorité de public qui se rapprocherait de ce même fantasme.

Des pièces qui m'ont abasourdie pratiquement, je peux citer La passion selon Marguerite et la pièce du maître manqué de Lambert-Wild, Mathias Langhoff, Dieu comme patient. Mais ce que je veux vraiment, c'est voir un univers fantasmagorique en dehors de ce monde, comme une porte sur l'invisible peuplé de faibles lumières dans la nuit, de nature idéale et glauque et de fantômes égarés. Voilà, c'est ça mon rêve...

Alors je m’efforce quand je vais au théâtre de voir ce que le metteur à voulu faire et dire, et non ce que je veux voir, bien que j'aille au théâtre pour me nourrir et recracher ensuite les deux ou trois phrase que j'ai pu percevoir de cette radio aux fréquences trouble qu'est la poésie.

Écrire une pièce longue, ça c'est un défi de rêve.

Une pièce qui durerait plusieurs jours avec un temps proche du réel où les spectateurs viendrait assister à une date chaque jour comme dans leur vraie vie, les jours se succèdent.

Ça peut peut-être commencer comme ça :

"tout a commencé dans un œuf et c'est dans un œuf que tout commença".

La terre en ce temps n'était pas tout à fait ronde et les hommes n'étaient pas encore ce qu'ils sont.

Le coeur de la Terre était déjà ce magma jaune et coulant qui réchauffait les hommes et faisait pousser les plantes.

Mais je m'égare, car au fond ce qui nous intéresse, ce n'est pas la coquille, mais ce qui se passe à l'intérieur.

Or voici ce qui se passa :

 

Comment l'acteur fait-il chaque jour pour se réinventer, ce superbe que chaque spectateur croit unique et presque destiné à lui seul. Décline-t-il parfois se reposant sur sa maîtrise du texte, des gestes, ou bien comme un défi chaque soir se surpasse-t-il à être meilleurs encore, plus juste, plus surprenant tout en restant dans la maîtrise de son texte et de ses déplacements. Quelle grimace sera la meilleure, quelle lamentation sera la plus poignante sans tomber dans l'a côté, le ridicule, le faux... Car voilà, un jour ne fait pas l'autre et il faut chaque fois représenter cette routine magique que chaque spectateur ne verra probablement qu'une fois comme un miracle ou un échec. Et s'il revient une deuxième fois, ne verra-t-il pas l'artifice, rira-t-il encore ou bien tout ce qui l'émerveillait lui semble à présent grossier. C'est à cet endroit fragile que l'on reconnaît peut-être le bon acteur.

Comment faire rire ? Sivadier me donne envie d'écrire des textes qui font rire. C'est un exercice difficile pour moi le rire, ça ne se réfléchit pas beaucoup, c'est plutôt de l'ordre du spontané. La voix qui me dicte ne dicte pas des choses très drôle, ce n'est pas un esprit farceur, c'est plutôt un être éprit de postérité, un auteur raté ou non reconnu, un disciple de Maeterlinck. Peut-être qu'un jour dans ses archives, je retrouverais ses textes, ses brouillons de textes, qui avec l'aide de mon hasard sont devenus des choses plus concrètes. Mais hélas il n'a pas frappé à la bonne porte, ou pas tout à fait, certes je pense lui faire une bonne dactylo, mais je fais une piètre metteuse en scène, manquant de volonté, de hargne, et de ce quelque chose qui fait de nous un leader.

pièce les plus longues :

Faust de Goethe, mis en scène par Peter Stein à Hanovre (2000) : 21 h réparties sur 2 jours. Il me faudra acheter le dvd, les extraits vu sur internet m'ont plus. Aux USA : The Warp (Neil Oram, G.-B.) dure 18 h 5 min sans les entractes.

Le soulier de satin de Claudel, j'ai commencé sa lecture. Tout me rappelle The Fountain d'Aronowsky, ou plutôt je comprends d'où viens le film et ce qui m'y plaît.

Ne pas confondre réaliser ses rêves et avoir de l'ambition, l'un se fait avec les autres, l'autre se fait au détriment des autres.

Il me semble que le théâtre est fait pour dire avec gravité des mots qui ne sembleraient pas sérieux dans la réalité ou au cinéma. Le théâtre est alors un espace à part, lieu de l'improbable réalité. Une parenthèse de la vie qui aide à s'interroger et à mieux vivre. Il me semble alors que si l'on est capable de l'adapter au cinéma, alors ce n'est pas du théâtre. Mais attention, filmer n'est pas faire un film, ainsi du théâtre filmé restera toujours du théâtre.

 

 

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