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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

I) Chimère

LES ILLUSIONS DU TEMPS QUI PASSE

 

 

I) Chimère

 

À dix-sept ans, l'âge des poètes

les montagnes sont folles et les nuages sauvages,

les fleurs parlent une langue

qui fait pleurer les cœurs, et éternuer les sots.

Oh, tu as dit cette heure comme on dîne à neuve heure.

Heure toute neuve juste avant dix.

Tu as dix-sept heures, je l'ai entendu de ta bouche.

J'ai entendu le temps sortir d'entre tes lèvres.

Et j'ai baisé le temps en t'aimant, alors mon amour pour toi

me fait craindre un peu moins nos dernières heures.

À la lueur de nos cœurs, je verrais un nouveau matin se lever.

Et la chimère de papier mâché s'envolera

répandant derrière elle un écho mélodieux.

Odieuse chienne-mère, aux dieux tu le paieras,

et tes ailes se froisseront,

et mon amour grandira même lorsque tu m'auras dévoré.

Je ne saurais pas l'énigme, puisque c'est toi qui la dictes,

je saurais y répondre.

Je ne saurais plus ton corps de lionne,

tes ailes de faucon et ta queue de serpent,

je ne verrais même pas la pomme que tu me tends.

Je ne saurais plus être tenté par ta chair,

je ne serais plus qu'amour pour toi,

je ne saurais plus que t'aimer et je croquerai dans ta silhouette de papier.

Et tu disparaîtras, brûlée par ma salive.

Quand alors je m'en lécherais les doigts,

tu me regarderas du haut d'un invisible rocher,

ma chair, ma tendre et douce,

...si chère chimère.

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