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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

III) Peau de chagrin

LES DÉSILLUSIONS DU TEMPS

RETROUVÉ

 

 

III) Peau de chagrin

 

J'ai cherché dans le dictionnaire des lieux imaginaires le pays de ton

corps.

J'ai demandé à la Terre de faire silence un instant afin d'entendre ton

cœur,

je n'ai eu pour réponse que le bruit du silence.

Tu sens la rose et ta bouche le chocolat.

Tes baisers sont une antre du pays des merveilles.

Ta peau est faite de velours et tes lèvres de satin.

Je veux me draper de ton corps.

Je veux te porter, t'emporter...

Ouvrir avec la clé de tes yeux les portées et les mondes merveilleux.

Toi sur moi, rien ne me sera fastidieux.

Tu serais mon vison, ma peau digne des dieux, et grâce à toi, emporté

par toi,

je volerai le nectar divin et le feu.

Je volerai.

Ta peau sera mes ailes...

Et ta bouche le souffle mélodieux qui m'emportera.

Toi sur moi, tu me donnerais la force de porter le monde,

de boire des tonneaux sans fin,

de ne plus avoir ni soif ni faim,

tout en te portant se transformerait en or...

Tout en te portant, un aigle pourrait chaque jour à loisir, venir me

dévorer le cœur.

L'aigle c'est toi. Ce sont tes ailes qui me font voler.

C'est ton duvet qui est si doux et ton regard si dur.

Insidieux.

Ainsi les dieux m'ont puni insidieusement.

Je n'ai que ce que je mérite

tandis que la peau de chagrin qui n'est pas la tienne

rétrécie chaque jour avec la mienne

et que je me fripe, me compresse, diminue jusqu'à ne plus exister.

Ça y est, je n'existe plus, je ne suis plus qu'un souvenir, un reste de

chagrin.

Une odeur de vieux cuir tanné hante encore l'air.

C'est ta peau que je devais porter.

C'est ta peau que j'aurais dû porter...

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