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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Intolérance intérieure

Intolérance intérieure


 

Itinérance intérieure. Je marche dans les couloirs de mon âme. Parfois il y fait sombre, parfois il y a de la lumière à en être aveuglé.

 

C’est parce que je continue à créer, à peindre à rêver,

à persévérer plus loin que le pays de l’enfance où tout est facile car spontanée

c’est parce que je vomis ma créativité le matin quand je me lève comme on vomit un mauvais verre de vin,

C’est parce que même dans le doute je ne m’arrête jamais tout à fait

Vous ne voyez pas tout ce qui est caché

je peux être fière d’être une âme en construction, une âme qui dessine, qui peint, qui écrit, qui chante un peu aussi, qui couds, qui brode, qui tricote et crochète chaque jour comme l’on fait sa toile d’araignée

Pour y faire tomber je ne sais quoi, les rêves, les amants, le regard des autres, ou tout simplement l’estime de moi-même,

comme s’il c’était le minimum de dette à payer pour être sur cette terre, pour avoir le droit de continuer,

je sais que d’autres se contentent de moins, moi, je ne peux pas faire autrement, j’ai une dette envers le monde.

 

Avec mes larmes d’acier et mon cœur en miettes comme un crumble aux fruits rouges...

 

C’est la dernière nuit que nous passons ensemble et je la passe seule dans la cuisine, à pleurer, muette et inconsolable. Toi aussi tu t’es muré dans le silence. Je t’en veux de te murer dans le silence et je veux tes bras en même temps. Je n’aurais plus tes bras, tu me les refuseras malgré ton désir, tu es fort et obstiné, peut-être orgueilleux. Tu me diras le lendemain matin que nous sommes trop différents, que les différences qui nous avaient attirées au début nous séparent désormais. Cette nuit-là, j’ai rêvé de toi. J’ai rêvé que tu étais au lit et que je disais que j’allais bientôt te rejoindre et que j’avais toujours quelque chose à faire, et je n’y arrivais pas. Lors d’un de mes allers-retours près de toi, je te disais « je t’aime » et tu me répondais « ah bon ». J’ai été secouée dans mon rêve. Comme si tu ne m’aimais plus. Ce ah bon était suspicieux, étonné, mais suspicieux, presque détaché. Quelque chose en moi réalisait que tu t’étais détaché.

C’est comme si tu t’éloignais, traveling arrière et que je tentais de t’attraper.

Elle hurle son nom. Le nom se perd dans un écho. C’est le brouillard, il n’y a plus personne.

 

 

 

Je suis gonflée comme un poulet aux hormones.

Je me sens tellement proche de ces dindes, de ces oies blanches, gonflée à la seringue d’un liquide qui leur donnera une belle texture et un beau volume, comme du botox dans vos filets de dinde.

J’ai tout essayé pour être une amante sereine.

D’abord l’implant, au début avec les sentiments, j’ai perdu du poids, mais je ne mangeai rien. Et puis il m’a quitté et j’ai pris dix kilos.

Les preservatifs, je l’ai découvert plus tard, je suis allergique au latex. Infection urinaire et compagnie, urticaire sur la peau.

L’implant au cuivre sans hormone ne tenait pas en place, j’étais pliée en deux. J’ai passé Noël avec une bouillotte.

Puis l’implant hormonal, douloureux aussi. Comment être bien dans son corps dans ces conditions.

La pilule est limitée pour moi car j’ai du cholestérol. En six mois, j’ai pris 10 kilos. Dès le début, mes seins tiraient comme s’ils voulaient sortir de mon corps, tout mon corps s’est mis à gonfler. J’étais enflée, fatigué.

Quand je vais chez l’assistante sociale, on me dit que c’est dommage que je n’ai pas d’enfant, que mon dossier serait prioritaire. Mais bon sang, je ne vais pas faire un enfant toute seule alors que je n’ai pas les moyens. Ce n’est quand même pas ma faute si aucun homme ne reste plus d’un an à mes côtés.

 

 

En cours de bombification. Ne pas déranger, work in progress. Dix kilos à perdre et du sport à faire. Me remettre à faire ce que j’aime. Avoir tous les hommes à mes pieds. Faire le point sur moi, savoir où j’en suis. Être ce que je veux. Être heureuse…

 

Foules arrogantes, je vous hais.

 

 

 

Mon cœur fait les montagnes russes, je voudrais être sur un carrousel doré qui ne s’arrête jamais. Je n’aime pas quand ça s’arrête.

 

 

 

J’efface progressivement les messages de notre histoire. Les messages du temps où tu étais romantique : « J’imaginais déjà t’attendre, courir sur le quai, te prendre dans mes bras... » . Ceux du quotidien « Je suis à la caisse du carrefour, de retour dans 30 minutes. On dîne ensemble ?.

 

 

 

- ça fait longtemps qu’on a pas utilisé les menottes, non ?

- Trop longtemps !

**

-J’ai oublié les menottes, prépare les foulards !

On a jamais plus utilisé ni menottes ni foulards. C’était fini.

 

Ce qui me manque le plus de toi, c’est quand nous dormions ensemble, en chien assis, et que tu passais ton bras par-dessus mes hanches. Là, j’étais bien. Je ne le disais pas mais je le pensais très fort. Ça ne dévastait pas mais c’était très tendre.

 

Je vais chercher loin ce que je ne trouve pas.

Je me trompe, je retourne sur mes pas. Et comme un chat, je me roule en boule dans ma fourrure.

 

Peut-être que je ne fais pas les bons choix, peut-être que je ne choisis pas.

 

 

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