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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Stances II, III et IV

Lorsque je respire la fleur de tes cheveux, je vois le sel de la mer s’évaporer au-dessus des écumes en une danse frénétique et lumineuse, je sens tes doigts glisser sur ma joue, et leur crinière qui me fait frissonner.

Je bois tes yeux, je mange ta peau, je dévore ton âme, je déambule dans le jardin anglais de ton corps entre les buis taillés et les églantiers sauvages, il y a aussi du chèvrefeuille qui dégouline sur nos visages.

Et parfois quand je suis noyée par la honte et la colère, tu viens me recouvrir comme de la terre douce et parfumée.

 

*

Il y a ces jours ou tu me plonges dans une mélancolie sans fin. Cela n’arrive pas souvent mais cela me plonge dans un état où je pourrais bien faire une bêtise, dire et écrire des mots qui dépassent notre vie, de te quitter. Et me cache et je pleure, c’est plus sage.

Il y a ces moments où tu me fais tellement douter que je ne sache même plus si je t’aime et si je veux continuer cette route à tes côtés.

Je ne veux pas te voir ce soir, tu m’as trop blessé. Je sais que la fatigue nous joue parfois de mauvais tours et je préfère que ce soit le cas.

Ce que tu remets en cause de profondément en moi, c’est ma nature, et si cela ne te plaît pas, en dépit de tout le reste, si tu n’as pas su me comprendre depuis ces quelque temps que nous avons passés ensemble, alors il vaut mieux que nous arrêtions là.


 

Oui l’art est parfois de bonne ou de mauvaise qualité en dépit de nos goûts si subjectifs, et il y a des choses, même si elles sont faites avec amour par quelqu’un, qui ne vaudront pas la peine d’être trop connues, il y a tant de talents qui se terrent dans l’oubli. Et après tout ce n’est pas si grave. Il y a de la merde et du sublime dans ce monde et il ne sert à rien d’ignorer la merde, elle est la condition pour que le sublime soit visible. L’un sans l’autre rien n’est possible, nous naissons dans la merde, nous sommes des merdes et nous retournons à la merde. Voilà, c’est ça le sublime de la vie, nous voyons des merveilles dans la fange. Quand bien même on tenterait de ne garder que le meilleur, il y aurait de la fange parmi ce sublime.

Bourgeoise et élitiste oui, pourquoi pas, j’aspire à niveler l’art par le haut. Il n’a pas de sous-culture, mais dans tout ce qu’il y a de musique sur terre, dans tout ce qu’il y a de théâtre, de théâtre de marionnette, de cinéma ou de jeux vidéos, il y a du bon et du moins bon. C’est ce choix démocratique et hasardeux d’un monde qui ne fait de place qu’au plus fort, aux plus malins ou aux plus protégés (les chats compagnons des humains pour leur fourrure) qui fait que ce qui reste, reste, tant pis pour le dodo, tant pis pour le crapaud doré, tant pis pour les éléphants à cornes d’ivoire, tant pis pour le tigre de java (disparu en raison des monocultures humaines), ils n’avaient qu’à bien se tenir et a bien se défendre. L’homme est un monstre sublime. Et pour ce peu de sublime en lui, il s’arroge les droits divins et détruit tout avec lui, tant pis pour lui il emportera la Terre avec lui, l’univers est plus grand et n’a que faire de ce bout de hasard qui survit tant bien que mal.


 

Alors oui, je crois que l’on peut niveler la merde par le haut, et ce, dans tous les domaines, et que cela n’empêchera jamais la merde d’exister.

L’élitisme n’est pas l’oxymore de la tolérance.

Comme un jour d’été où nous étions à F***, nous buvions des bières en écoutant du jazz. Ce n’était pas tout à fait toi, mais je l’espérais.

 

*

Je suis boudinée, le vêtement se froisse contre mes hanches et se tend autour de mon nombril, on dirait que mon ventre va exploser. Qu’il va sortir comme des cotillons d’une boite à surprise, que les entrailles, les même que le fruit de la vierge Marie, vont se répandre au sol, rouge, noir et autre, indéfinissable. On dirait que c’est tout mon corps qui va exploser, comme une bouteille de verre pillé à la face des gens, qu’il va les lacérer de ses morceaux de verre et les recouvrir, d’un même temps, de morceau de graisse, doux, musqué, comme de la ouate ou du beurre. Je suis du beurre, une baratte de beurre, et je tourne, je tourne, je tourne, comme une barrique sur moi-même, et je suis aussi les champs d’herbe verte et humide, et les vaches qui regardent cette baratte exploser, et répandre sur l’herbe fraîche les gouttelettes de beurre fondu.

Je vous recouvre insolemment de rubans, de verre et de beurre. De vous émane le Golem, et dans son front de beurre est écrit le mot « vis » comme un ordre de se lever et comme un tsunami, de tout emporter avec lui, les enfants, les plages, les palmiers et les larmes de tristesse.

 

 

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