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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

VIII) Le papillon, la roue et le dé

LES ILLUSIONS DU TEMPS QUI PASSE

 

VIII) Le papillon, la roue et le dé

 

 

Mon corps s'est fatigué, cédez lacets!

Et Dédale, lacé d'écouter toujours le même CD, s'est mis à chanter.

Sans nier sa mort ni son supplice, il invoque nenni...

Son corps est noué, sa gorge, serrée, son corps est un corset qui

l'étrangle et l'étouffe...

Mon corps ailé s'envole sans laideur.

Mon corps est laid, sans vole, sans les heures... Sans plus rien que veines

vides...

Sang, plus rien, ne coule dans mes artères...

Je suis le papillon qui plane dans le désert...

Et mon squelette est la métamorphose de la vie.

Mes veines vides se sont changées en os, mon corps coule désormais, je

suis l'onde dans les airs.

Je suis longue dans les ères.

Misère, prière, désert, il n'y aura plus de cela, je serais la chance et mon

corps ondulé tournera...

Pour vous je danserais, jusqu'au vertige tomberais.

Je ne me lacerais pas de changer, chaque peau m'ira et je m'y

admirerai...

Je serai les cartes et pour vous écarterai les dangers.

Mon fou se pendra à la lune et mon chariot sera soleil, j'éclaterai enfin

dans le monde pour n'être plus qu'un simple vendeur de foire, un

vagabond sans rien...

Je brûlerai dans votre regard, quand de votre tristesse vous me bénirez.

Mes ailes seront de feu, et le battement de vos cils m'enverra vers des

royaumes aveugles que vous ne soupçonnez pas...

Alors quand vous me croirez poussière, disparu, j'apparaîtrai sur le pas

de votre porte. Et serai votre ombre en épousant vos pas. Je serai

l'espoir, le souffle de rêve qui vous fait vivre, moi, vieille âme méprisée,

tout discrètement blottie dans vos ombres...

Et ce n'est pas du malheur de savoir que l'on va mourir, la mort est la

seule chose dont tout homme soit sûr, il ne tient qu'à lui de se la faire

pur, nous sommes né du tout, et nous rendrons notre corps au tout pour

qu'il décide d'un coup de dé de faire de nous et des autres, comme des

assemblages, des histoires d'amours atomiques, des choses et d'autres, ce

que la face du dé, tombé à un instant fatal dans un endroit fatal,

destinera pour nous...

Et vous volerez en éclats, et vous serez mille papillons qui se

métamorphoseront en pluie de choses...

Et vous brûlerez dans des yeux, vous vous frotterez en écho contre des

rochers, et vous embrasserez la mer, et vous chanterez dans les airs,

parfois vous pleurerez de voir cette vie ne pas se respecter, de faire

d'elle-même l'enfer et le paradis, c'est que cette roue tantôt merveilles

tantôt désespoir n'est nullement un purgatoire, car l'on a rien à pardonner

de vivre, cette vie est un dé qui roule sur les dents de la roue, et fait le

beau et fait le laid, il n'est ni bon, ni mauvais, il a tant de visages qui

n'en forment qu'un seul, et en lui n'existe pas de dualité, il est mille et il

est un.

Tant qu'il y aura le dé, tant qu'il y aura la roue, ce sera le destin, et ce

destin jamais ne s'éteint.

Jamais d'espoir ou de fatalité il ne s'est teint, car il n'est ni brun ni blond,

il est toutes les couleurs et le noir à la fois, comme un feu follet s'éteint

et plus loin continu de danser. Il danse la danse du papillon aux mille

visages, il danse la danse d'une roue secouée par un dé.

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