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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

XVIII) La Cosmogonie des Temps Perdus

LES DÉSILLUSIONS DU TEMPS RETROUVÉ

 

XVIII) La Cosmogonie des Temps Perdus

 

La terre tremble

Toi aussi tu trembles

C'est peut-être parce que les deux mouvements s'annulent

Que tu sembles ne pas trembler

La terre tremble et toi aussi tu trembles

Mais la terre tremble qui annule ton tremblement

Et tout ton souffle est aspiré

Dans l'immobile tremblement du monde

Ainsi commence la cosmogonie des Temps Perdus

Peut-être dois-je l'avouer, je tremble aussi

La Terre n'a pas toujours tremblé

Et d'ailleurs, elle n'a pas toujours été

Non, un jour, elle a point, elle a semblé poindre

Puis elle s'est mise à grossir

Comme un grain de riz humide

Comme une femme enceinte

Plus précisément le ventre d'une femme enceinte

Un ventre de femme enceinte sans femme autour

Ou plutôt un ventre terrestre

Avec pour mère le ciel cosmique

Et pour père le chaos

Nous sommes donc tous les arrières petits enfants du ciel et du chaos

Nous les êtres à poumons

Nous les êtres à branchies

Les êtres avec la peau sur les os

Et les os sur la peau

Nous les végétaux, les cailloux

Et la terre

Que le soleil sèche et que la pluie gonfle

Et tout cela qui tourne dans un sens ou dans l'autre

La Lune autour de la Terre

La Terre autour du Soleil

Le souvenir éteint autour du pain

Le pain autour du four

Nous sommes si peu

Des grains de poussière

Nous ne sommes presque rien

Mais tous ensemble

Nous formons la terre

Qui fait naître les fleurs et les arbres

Où les tortues cachent leurs œufs

Où les herbes poussent

Qui sont mâchées pas les bovins et les ovins

Chacun avait sa place et son rôle en toute mesure

Ni plus mauvais ni bon, les choses étaient ce qu'elles sont

Les faibles disparaissaient et les forts survivaient

Tous s'adaptent où s'effacent

Comme des expériences biologiques et théâtrales

Non pas sans conséquence mais sans importance particulière

Puis peu à peu l'une de ces expériences domina

Et mit le monde à son idée sans qu'il le soit

Il força les bovidés à tracer des sillons dans la terre

Avec de lourdes charges sur le dos

Il assembla les poussières et les eaux

De telle manière que la Terre n'y avait pas songé

Du moins en aussi grande quantité

Si bien que la Terre ne respirait plus bien

Elle étouffait en silence

Et quand elle éternuait, toussait ou pleurait

Comme il le lui arrivait parfois

L'homme se plaignait ou l'étouffait de plus bel

Jusqu'au jour où l'homme sentit le sol craquer sous son poids

Il est tombé sans un bruit, sans un bruit il est tombé

Ailleurs c'était ici

Cosmogonie de la fin du monde

Il faut que je me repose avant la fin du monde.

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