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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

XXI) Le goût de la vie

LES DÉSILLUSIONS DU TEMPS RETROUVÉ

 

 

XXI) Le goût de la vie

 

Quelque chose de moi-même est perdu,

(je suis éperdue).

Ma tendresse, mon illusion perdue. Tu réveilles à mon présent toute la

fadeur du bonheur. Le passé à tes côtés, mon illusion perdue, était un

rêve dans la souffrance de toi, un bonheur épicé à t'aimer. Contentons-nous

du sûr et fade bonheur de la réalité. Pourtant je t'ignore presque, la

flamme du désir m'abandonne peu à peu...

Mais les ruines qu'elle laisse dans ma cité consumée, sont aussi vastes

que la sensation du vide de moi-même, futilité de l'existence. Déception.

Voilà c'est dit, "tu" n'est qu'un prétexte. J'avais bâti une cité de ma vie,

chaque jour meilleure. Et ton incendie, détruisant en même temps que tu

me construisais, m'a laissé dans un champ de ruines, une vallée désolée,

de la révélation de la déception. Tout ce que je construisais, avant toi,

pendant toi, n'était qu'illusions.

Et maintenant, je me retrouve dans la réalité, dans les ruines. Je n'ai pas

la force de reconstruire. C'est la déception de ce que je savais déjà qui

m'a effondré. Je suis abattue par la déception que je me suis efforcé

d'ignorer.

Il faut que je réapprenne la banalité du bonheur et l'humilité du vivant.

Il faut vivre humblement, plutôt pour se protéger de la chute que par

morale. En un sens, avec ou sans humilité, nous sommes tous des

fourmis dans une fourmilière, qu'importe si nous avons connu les

sentiers d'autres jardins. Quand on retourne à la fourmilière, car on ne

peut l'éviter, il faut renoncer, ou du moins ne pas regretter (la nostalgie)

les vertes prairies. Il faut se contenter des murs terreux et des étroites

galeries de la fourmilière, c'est là qu'est le bonheur. Certes, un bonheur

sans herbes hautes ni soleil, mais c'est un bonheur sans chutes ni

exhalations.

On paye le prix des exhalations, on a pas le droit de s'en plaindre

ensuite. C'est à ceux qui choisissent une vie fade, sans risques, et ceux

qui le vivent follement mais le payent. C'est toujours la même question :

combien êtes-vous prêt à vivre?

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