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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Pièces

— L'uraète et l’uræus se donnant la main entre la terre et le ciel…

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— Pour moi l'amour passe avant tout par l'admiration. Mais attention, même si tu es admirable, il n'est pas dit, que moi, je t’admire !

Et c'est là tout l'essentiel.

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— On est bientôt demain….

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— Allez, arrête, viens te reposer un peu !

— Me re-poser ? Mais je ne me suis même pas posé de la journée !

— Le repos est dans un autre royaume que sur Terre…

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— N'oubliez pas de me noter !

— Nous n'oublions pas !

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— La fin du monde est un néant !

— Faisons l'inventaire de la fin du monde !

— Plus rien à acheter, plus rien à vendre, tous égaux devant la fin du monde !

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— N'oubliez pas le me menotter !

— Nous n'oublierons pas !

***

— La fin du monde est là, vivons tous ensemble cette dernière fin !

— Que tous ceux qui restent se tiennent la main, afin que nous mourions unis à jamais !

— La première fois que l'humanité s'unira, hélas trop tard…

— Mais unis quand même !

— Pour un jour, plus de guerres, plus de peine, plus d'inégalité !

— Mourons tous unis !

****

— N'oubliez pas de m'oublier, les dieux ne servent à rien dans l'au-delà, hélas j'ai fait trop d'erreurs, et c'est vous qui allez le payer, et moi, qui vais me retrouver seul…

— Nous n'oublierons pas…

****

— LE MONDE EST UN THÉÂTRE :

— Il y a une dame pour les réclamations, elle dit que c'est une honte et qu'on lui appelle tout de suite le directeur, le problème c'est que le directeur n'est pas là et que personne ne sait puisque cela fait très longtemps que personne ne l'a jamais vu.

— C'est une honte, un théâtre sans directeur ! Mais que fait-il, il se cherche une danseuse ? Appelez-moi les acteurs !

— Mais les acteurs, ce n'est pas possible ma pauvre madame! Mais les acteurs, on les hue, on les conspue… Un jour c'est la gloire, l'autre la déchéance. Non, madame, décidément, on ne peut se fier à ces gens-là !

— Alors appelez-moi les auteurs, ils doivent bien savoir, eu les auteurs, pourquoi ça ne marche pas !

— Les auteurs sont pareils, madame. Toujours dans la lune, c'est bien le diable si l'on peut leur décrocher deux mots, et avec quelle peine !

— Mais enfin, il doit bien y avoir quelqu'un ici qui sait !

— Oh, il y a bien les dramaturges….

— Alors appelez-moi les dramaturges ! J'exige !

— C'est que madame, ils sont au courant des faits, mais tant et si bien qu'ils en égarent le commun des mortels, du reste, ils sont bien trop occuper à se cultiver et à se documenter pour les scénographes…

— Appelez-moi les scénographes !

— C'est qu'ils refont le monde madame, ils le refont tant et si bien que dès qu'ils sortent, ils prennent le monde pour un théâtre et croient que tout est leur œuvre, à en oublier Dieu….

— Mais c'est un scandale ! Appelez-moi Cocteau, il doit être en partie responsable de tout ce raffut…

— Mais madame, Cocteau n'est plus, on ne vous a donc pas prévenu ?

— Naturellement que c'est n'importe-quoi, c'est Cocteau qui dirige l'orchestre…

— Mais madame, vous ne m'avez pas entendu ? Cocteau est avec le directeur !

— Alors appelez-moi le directeur !

— Il faudra prendre l'ascenseur. Car on n'appelle plus non-plus le directeur…

— Je veux voir votre directeur !

— Moi je veux bien madame, mais il faudra que vous preniez l'ascenseur, et l'on ne sait pas si l'on en revient…

— Alors appelez-moi l'ascenseur !

— Très bien madame, en voici un…

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— Le me jetais sans crainte dans la folie,

Mon corps pris dans les palpitations d'un nouveau matin.

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(Avec la voix de Jean Marais)

— En voilà des surprises ! Un roi qui ne sait pas ou il va! Un royaume dont tout le monde fuit ! Des rats aux portes de la ville… Pas étonnant que la princesse Maleine soit morte !

Et vous qu'est-ce que vous faites là ?

— Il faut bien que quelqu'un mette un peu de désordre en ce bas-monde !

— Mais Cocteau, où est Cocteau ?

Il faut tout de même un peu de raison dans ce monde !

(et la voix de Cocteau)

— Ou d'amour…

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À consommer de préférence avant la fin du monde.

Best before : the end of the world.

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Pour toute réclamation, il est recommandé de s'adresser au bureau de la fin du monde.

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— Nous sommes l'infini.

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(murmure venant de cour)

— La fin du monde c'est nous !

(murmure venant de jardin)

— La fin du monde c'est nous !

— Il n'y a plus rien, plus rien que la fin…

— La faim dans le monde.

— L'anachronisme du ventre qui gémi…

— Le bruit du vent dans nos oreilles.

— Une tornade, c'est une tornade ce que tu entends, du moins c'est comme cela que je crois que ça s'appelle.

— On est plus trop sûr de rien.

— D'ailleurs, il n'y a plus rien ?

— Vous croyez que ça reprendra ?

— Comme les oliviers ?

— Non, je ne crois pas que nous serons là pour le voir, c'est trop loin, sur une autre planète, ou dans le temps, pour nous c'est comme si ça n'existait pas.

— Et pourtant ça pourrait exister ?

— Peut-être, si tu veux y croire de manière désintéressée.

— Quel intérêt aurais-je là-dedans ?

— Il y en a qui font parfois le pari de croire.

— Mais il y a des choses avec lesquelles ont ne doit pas parier.

— …ou l'on ne peut pas.

— Je fais le pari que tout cela était un rêve et que quand je vais rouvrir les yeux, il n'y aura plus de tornade, il n'y aura plus de déserts gris de poussière et de ces paysages de désolation et d'apocalypse, je fais le pari que je serais dans mon lit et que je me réveillerais comme après un mauvais rêve.

— Il ne peut pas parier avec ces choses-là.

— La fin du monde, c'est nous.

— La fin du monde, c'est aussi Vous !

****

— Viens encore une fois près de moi

L'entité nue de mes désirs

Pour que j'aille soupirer sur ta terre de promesses

Embrasse-moi mon ombre

Avant de disparaître à tout jamais

Ne me laisse pas seule dans le noir

Guide-moi par la main sans trop me presser

Je déteste comme toi l'oppression

Je ne suis qu'un passage dans ta vie

Déjà devant toi s'ouvrent d'autres rues, d'autres autoroute, d'autre port…

Va, prends la mer, elle est bien assez grande pour toi

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— Combien de corps as-tu effloré ?

— Combien de fleurs as-tu écorché ?

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— Inventaire de la fin du monde :

ça sent le déluge…

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