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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Jour de pluie

Le réveil.
Raisonnements incessants jusqu’au fond du crâne.
Qui va chercher loin, loin.
La main tendue vers l’objet du crime.
L’assassin tueur de rêves.
Au crime ! Au voleur, il a tué mon rêve !
La main fixe la cible, le coup est imparable,
le criminel tombe, fracassé, réduit en miettes…Enfin.

Dehors la pluie.

La couette est enveloppante. Chaude et douce.
Le cocon du fœtus qui a oublié de mourir dans l’œuf.

Impossible de se lever après une nuit pareille, un temps pareil.
Non, pas encore le réveil, la bête est morte, au sol.
Elle ne sonnera plus le glas. La bête qui tue les rêves.
Car il était bien ce rêve…
	(Et chaude cette couette, et douce,
	et elle est morte la bête tueuse de réveils…)
Et dehors la pluie, qui bat les carreaux,
frappe de toutes ses forces le toit, les murs,
elle veut rentrer, à toute force,
elle aussi, elle veut se glisser sous la couette chaude,
comme le fœtus rester dans le ventre,
comme le rêve rester dans son écrin,
comme nous, rester sous la couette.
	Toute seule,
		avec mon rêve.

Et dehors la pluie.

Toujours la pluie qui bat les carreaux,
comme la faucheuse le blé, de ces longues pattes…

Encore dix minutes…
Plus de monstre sonnant et résonnant
pour compter tous les millièmes de lustres.

Les carreaux fondent ?
Se brise ?
Non, ce sont mes yeux qui se referment
				sur mon rêve.

Rêve simple et érotique,
pas pornographique,
pensez donc,
		un mollet.
Un beau mollet, galbé,
sûrement doux,
probablement très doux.
Un mollet comme volé à un moment d’action,
les muscles saillants, carrés, masculins,
d’autant plus qu’une légère toison brune le recouvrait,
donc pas celui d’une statue grecque,
mais oui, s’il fallait l’associer,
ce serait l’homme au disque,
oui, il aurait un mollet de cette sorte, 
	avec des poils…
Répartis, parsemés, parfois ramassés en tas,
autre part, un poil visible dans son entier, sa finesse
encore ailleurs, ils laissent la place à la peau,
peau dorée, allée comme le soleil,
le sable fin et l’oasis luxuriante…
Une peau qui fait voyager…
Le rêve d’un mollet duveteux,
tout simplement.
Mais quel rêve…
Un rêve puissant
	…qui donne envie de rester encore un peu au lit.

Marcher. Métro. Fac.
Monter les marches. S’asseoir. Écouter les cours.
Il faut acheter de nouveau un monstre sonnant.
				Pas trop solide.
Poésie du XIXe, théâtre du XVIIe, grammaire…
Bibliothèque, livres, livres, livres…
Y'a quoi à faire pour la semaine prochaine ?
Papier, stylo plume, le mollet, gratter,
l’encre s’étale sur la feuille,
comme un fil d’encre bleu,
chose bientôt rare, le fil ondulé d’un téléphone.
Traits, lettres, mots, mollet.
Rayons de livres à l’infini, mollet.
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Shana 25/10/2019 18:45

Très bel article, très intéressant. Je reviendrai me poser chez vous. N'hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo). A bientôt.