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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Eloge au thé

 

Ma main à couper que je t'aime.

****

Je suis sur le chemin de toi.

je te voie, ombre-silhouette.

Tu marches vers moi, tes deux pieds immobiles, ancrés dans le sol tels les racines d'un arbre.

Je m'approche et je te vois déjà mieux. Tu es noueux, tu es écorces, tu es baisers et caresses.

Tu es un arbre de merveille, d'une espèce qui n'existe pas encore

 

Le thé rythme ma vie. Il me permet de prendre le temps, il est un rituel permanent et quotidien qui m'oblige à prendre des poses, tout en purifiant mon corps. C'est par exemple quand je peins ou j'écris, la pause imposé par mon corps, au-delà de ma volonté, qui, si je l'avais écouté, n'aurais pas eu la raison de s'arrêter pour méditer, interroger le moment présent et comment je le transforme, afin qu'une toile ou qu'un texte ne se perde pas dans le trop loin sans retour possible en arrière de l'irrémédiable gâchis. C'est aussi un compagnon délicieux lors de tâches fastidieuses à accomplir, compagnon protecteur du grignotage qui hante mon âme gourmande ; entre deux pages de mémoire, il est là pour me réconforter, en cas de doute, de unième note de page.  Et il est l'ami chaleureux qui est toujours là pour m'accueillir dès que je rentre chez moi, il ne ronronne pas comme un chat quoique c'est oublier le bruit de l'eau frémissante.  

C'est ainsi dans ma vie l'éternelle heure du thé.

 

Je suis une amante du théâtre, mais une amante blasée, il y a chez moi comme une attende et une déception permanente, je vais au théâtre en espérant chaque fois voir le spectacle qui me bouleversera et que je n'ai pas encore vu. Celui qui me crispera d'attention et m'empêchera de penser à ce que je mangerai ce soir, en rentrant. Un peu comme la Médée de Vasilliev, excepté que je n'en n'ai vu qu'une captation ou Dieu comme patient de Langhof . Ce n'est pas pareille au cinéma, j'aime aller au cinéma pour avoir la larme au bord des yeux, cela semble plus facile au cinéma, nous saisir, nous faire tressaillir. Alors pourquoi pas au théâtre. Il y a encore la danse qui ne me déçoit pas, ce n'est pas que je n'y vais pas sans attente mais j'y suis chaque fois ou presque émerveillée, émerveillé par ce qu'on peut y voir, cette magie qui opère, ses mots sans sens, ou ces sens sans mots, je ne saurais dire, ce que je sais seulement, c'est que ça marche, j'y suis émue et émerveillée. Peut-être est-ce moi qui produirait la pièce de théâtre que j'ai envie de voir. C'est un beau défi, et cela justifie mon implication dans ce faire : pourquoi faire du théâtre ? Pour voir la pièce de mes rêve. Allons, au travail.

 

Je me souviens encore de la Passion selon Marguerite de Jean-Marie Piemme, au début, comme ce qui me bouleverse souvent, j'ai une première réaction de scepticisme voir de dégoût, puis j'aime à ne plus m'en lasser. J'avais eu la chance de la voir en Alençon, découverte un peu inattendue de lycéenne dont le nom de Piemme était aussi vague que du chinois. Il m'est resté une sensation de Faust en jarretelles et combinaison de latex assez agréable, avec une violence captivante, assez du moins pour ne pas me laisser indifférente. Faut-il alors de la violence simulée au théâtre?

 

Il me prend ces temps-ci l'envie de voir des opéras tout de combinaisons de cuir, tandis que les opéras que l'on me propose sont d'une convention glacée. Je veux des jupes en latex, du zèle à la Carl Orff

Et pourquoi pas un opéra des Sœurs d'Œdipe en latex ? Je suis prête à tout, ne me manque plus que les moyens et les gens qui suivent.

 

je suis en forme et d'âme poétique.

Je suis en forme de je t'aime.

C'est une bonne idée que d'écrire, c'est une bonne idée que de décrire.

Décrire comme on crie. 

Pas tout à fait perdu dans la forêt.

La gloire sera pour plus tard, il faut encore se perdre dans la forêt

 

Assise à une table, devant mon écran qui est un monde. Et le reste qui est tout petit.

Je suis un papillon, un escargot, je suis tout sauf moi-même.

Je suis de la cire et du papier, de l'encre et des baisers.

 

Pièce de rien, pièce de tout, papier mâché dérisoire. Rien est l'infini. nous ne mangerons pas ce soir.

Mes mains sont mes cendres de demain.

 

Le thé, l'âtre, deux mondes que tout sépare Et pourtant.

Bienvenue messieurs-dames au thé-âtre de la vie !

Que l'argent ça part vite, et que de l'or on n'en voit pas la couleur !

Nous restera-t-il au moins le bronze, à nous pauvres hommes ?

Ce sont les âges qui veulent ça.

Discussion de comtoise.

Réunissons le thé et l'âtre. L'un devant l'autre, l'un derrière l'autre, ensemble.

Pas jusqu'au point cependant de l'âcreté...

Non, jamais il ne faut cela.

 

L'âtre, le thé.

 

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