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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Entre la cuisine et le jardin

Cyril Sorel et Pascal Casson à la galerie des arts,  janvier 2021


Entrer dans la galerie des arts de Caen en cette fin janvier, en plein cœur de l'hiver c'est pénétrer dans un jardin d'été verdoyant : la galerie est plongé dans un camaïeux végétal.

De prime abord, on est soufflé par les grands formats de Cyril Sorel. Puis on est accueilli par les grands et petits formats de Pascal Casson.
Les grands formats à l'acrylique, des carrés d'1m50 de Cyril Sorel dialoguent avec les treillis, les vases en terres éclatés et les motifs camouflages de terre et d'argile de Pascal Casson. Il y a un peu des peintures d'Henri Matisse chez l'un, et de Bauhaus chez l'autre. Les scènes d'intérieur donnant sur ses tableaux ou des fenêtres proposent d'observer l'intimité du foyer,  vases fleuri, bouteilles, vases, prises électriques et lavabos répondent aux compositions colorées, toutes aussi gestuelles, presque textiles.

Le fil vert qui réuni ces deux artistes est l'expérimentation. Plus que le jardin, c'est la cuisine de chacun que nous visitons : les dessins et gravures témoignent des obsessions et des recherches plastiques et formel des artistes. Chacun part avec ses émotions pour les décliner en série. En regardant dans les pochettes et les petits formats, on trouverait bien d'autres associations  colorées comme ce petit rectangle de rouille, de bordeaux, d'ocre et de noir d'un grand format de Casson qui s'entendait bien avec une série abstraite, présentée dans une pochette, de Sorel.

Ces dessins s'épanouissent jusqu'à prendre tout l'espace de la galerie, heureux de pouvoir sortir de l'atelier, d'être admiré, de rencontrer des amateurs et de dialoguer avec eux. Ils nous rappellent combien l'art s'essouffle quand il est potentiel, entassé dans des réserves, des musées fermées et des ateliers. Chaque œuvre rêve de rencontrer son foyer, et les réduire aux sites de rencontres que sont les galeries virtuelles n'y suffira pas. Qu'ont-elles de moins essentielle qu'un supermarché ? Les émotions aussi, on besoin d'être nourri. 

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