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L'éternelle heure du thé

Textes, théâtre et poésie de L.H.C. (Tous droits réservés)

Si je ferme les Yeux

Si je ferme les yeux, je pourrais croire que rien n’est arrivé.

Me réveiller un matin dans mon lit, avec Opale près de moi, qui attend le rappel du réveil et ma bonne volonté, pour quitter la chaleur des draps fleuris.

Si je ferme les yeux, je jetterai un œil dans l’atelier, pour constater que rien n’a changé, que les tableaux et les textiles se blottissent les uns contre les autres en attendant les jours de sortie.

Que les Eve et les Saint Jean Baptiste se promènent la nuit parmi les châles en dentelles et les pelotes de laines de toutes les couleurs pour rentrer sagement dans leur toile tendue dès que les premiers rayons du soleil percent par la fenêtre.

Si je ferme les yeux, les théières seraient fières d’être alignées sur leurs étagères, débordantes d’écumoires de toutes formes, et de promesse de thés.

Si je ferme les yeux, je ne ressens ni douleur ni joie, aucune plaie ouverte, aucune perte de conscience pour me dire que j’ai brûlé. J’aire dans ma ville comme une étrangère.

Tout pourrait n’être qu’un voyage dans un monde cantique, une dérive dans les cycles du sommeil.

Je serais Léna au pays des merveilles, et Opale me réveillerait, exigeant son repas, puis des câlins dans son fauteuil.

Je regarderais l’heure à l’horloge, et m’affolerais en pensant que je suis en retard pour mon cours, puis pour cette journée affolante, une vie de lapin blanc dans le conte de Lewis Carroll.

Si je ferme les yeux, je sais que cela appartient au passé. Il faut refuser les regrets et voler vers l’avenir. À présent, je suis un phénix.

 

NB :  le 10 février 2021, un incendie a ravagé ma vie. Grace à vous tous, je suis un phénix qui renait de ses cendres. Cette nouvelle vie ne sera que plus belle !

 

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